dimanche 25 mars 2012

Loi relative à l’exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle


Je reproduis ici le communiqué que de nombreux écrivains font circuler en ce moment en réaction à une loi qui les dépouille en partie de leurs droits au bénéfice de sociétés privées:

AUTEURS EN COLÈRE !


Accepteriez-vous que le fruit de votre travail soit exploité sans votre consentement au profit de grosses entreprises, ici celles du monde du livre ? C'est pourtant ce que la loi promulguée le 1er mars 2012 met en place sous les apparences d’une très bonne idée : permettre l’édition numérique des œuvres indisponibles du XXe siècle.

Cette loi, issue d'un accord-cadre entre le ministère de la Culture et de la Communication, le Commissariat général à l’investissement, le Syndicat National de l’Édition, la Société des Gens de Lettres et la Bibliothèque nationale de France, établit en effet qu'une société privée contrôlera l'exploitation numérique de leurs œuvres sans que les auteurs ou leurs ayants droit en soient informés personnellement. Seront concernés par cette loi tous leurs textes publiés par des éditeurs avant le 1er janvier 2001 qui ne seraient plus disponibles (sauf en bibliothèque ou sur le marché de l’occasion), et ce quelle que soit leur nature. L’argument culturel est fallacieux puisque la loi se désintéresse de la littérature non commerciale.

Ainsi :
− nos œuvres reconnues indisponibles dans une base de données de la BnF seront automatiquement confiées après 6 mois à une société de gestion ;
− alors même que ses œuvres sont indisponibles, l'auteur ne sera pas présumé le titulaire exclusif de ses droits de reproduction, tant imprimée que numérique. Il devra en faire la preuve, en contradiction avec le code et les traités ;
− au contraire, l'éditeur bénéficiera de ces droits sans avoir à prouver qu'il en est cessionnaire ;
− l'édition sera imposée sans que l’auteur puisse en discuter les modalités ;
− l'éditeur qui avait pourtant cessé de commercialiser l'ouvrage pourra prélever 50% de la rémunération de l'auteur ;
− 500 à 700 000 livres doivent être remis en 5 ans sur le marché, autant que le nombre de titres actuellement disponibles et dix fois celui des nouveautés annuelles.

De ce fait :
− si nous, auteurs, traducteurs, dessinateurs, illustrateurs, scénaristes, estimons que nos œuvres entrant dans le champ de cette loi ne devraient pas être publiques (œuvres de jeunesse entachées d'erreurs, textes sortis de l’actualité, voire entrant en concurrence avec nos œuvres récentes), il nous faudra surveiller sans cesse la base de données de la BnF pour nous y opposer. Un défaut de vigilance entraînera tout auteur dans des démarches administratives aussi lourdes qu’incertaines : le Code de la propriété intellectuelle est allègrement bafoué ;
− si nous souhaitons corriger, compléter ou rectifier un texte, cela ne nous sera pas possible ;
− si nous voulons permettre à certains acteurs de la sphère littéraire, des bibliothèques, par exemple, de disposer gratuitement de nos livres, cela ne nous sera pas possible ;
− l'apport massif d’ouvrages anciens numérisés risque de noyer la production des éditeurs indépendants, ainsi que celle des auteurs aujourd’hui actifs, et d’amplifier leurs difficultés économiques ;
− comme s’en inquiètent les médias hors de France, les droits sur les œuvres d'origine étrangère (même francophones), en principe protégés par la Convention de Berne, sont remis en cause.

Nous demandons donc l’abrogation pure et simple de cette loi.
Si vous aussi vous trouvez tout cela foncièrement immoral, signez la pétition en ligne (http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2012N21047), rejoignez le collectif « Le droit du serf » sur Facebook, interpellez vos députés et sénateurs ou discutez-en avec les auteurs que vous croiserez.

mardi 20 mars 2012

Lettre de refus de Denoël

Un grand classique, sans la moindre surprise, pas plus au niveau du fond que de la forme, Denoël est une grosse cylindrée qui n'a pas de place pour les auteurs "débutants" et hors normes, comme moi. Next:

"Monsieur,

Nous vous remercions de nous avoir proposé votre manuscrit intitulé:

**** ***** *** ** ***
Nous l'avons étudié avec intérêt. Malheureusement, celui-ci ne correspond pas à ce que nous souhaitons publier dans nos collections.

Avec nos regrets, veuillez croire, Monsieur, à l'assurance de nos sentiments les meilleurs.

Le service littéraire."

Délai de réponse: 2 mois et demi.

Mail de refus de Bragelonne

Court, simple, efficace, Bragelonne n'a pas voulu de mon roman. C'est dommage mais la concurrence est rude, ils sont clairement surchargés de manuscrits et constituent une référence en matière de littérature de l'imaginaire. Voici leur réponse:


"Bonjour, 

J'ai le regret de vous informer que votre manuscrit n'a pas été retenu. 
Le nombre très important de manuscrits qui nous est adressé depuis le 15 novembre dernier ne me permet pas de vous rendre une réponse plus personnelle et détaillée. 
J'en suis navré, croyez-moi.

En tout cas, merci de nous l'avoir proposé et merci de votre confiance. 
Je vous souhaite une très bonne continuation. 

Cordialement,

B*** L***"

Délai de réponse: 4 mois.